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Any d’Avray

Et si le bonheur tenait à un cheveu ?

Self made woman aujourd’hui à la tête d’une entreprise très innovante en matière de Chevelures d’Appoint®, Any d’Avray a suivi — et fait suivre à ses collaborateurs — plusieurs formations de l’Institut François Bocquet. Portrait d’une femme attachante pour qui donner du bonheur aux autres est une exigence de tous les instants.

Any d'Avray

l e nom d’Any d’Avray vous est certainement connu. Sans doute l’avez-vous vu au générique d’un film, d’un spectacle ou d’une émission de télévision, comme récemment la série de Patrick Sébastien, “De l’autre côté du miroir” ? Sans doute une amie en cours de chimiothérapie vous a-t-elle parlé de sa collaboration avec les services hospitaliers ? Sans doute l’avez-vous vue dans une revue “people” aux côtés de vedettes du moment ? Bref, vous avez certainement entendu parler de cette femme aux mille visages qui, depuis des années, ne cesse d’innover pour permettre à des femmes et à des hommes de changer de tête l’espace d’un soir… ou de personnalité pour toute une vie !

Un idéal motive Any d’Avray : apporter du bonheur aux gens, les valoriser, leur donner confiance en eux. Changer le regard que les autres portent sur eux, et celui qu’ils portent sur eux-mêmes. L’habit ne fait sans doute pas le moine. Mais si on se sent bien dans sa peau, on peut remuer des montagnes. Any d’Avray en est d’ailleurs elle-même un bel exemple.

Donner une bonne image de Soi

Au départ, rien n’était gagné ! “Je suis née dans un milieu très modeste, raconte-t-elle. Notre famille comptait douze enfants ; j’étais la seconde et l’aînée des filles. A 14 ans, j’ai été engagée comme soudeuse à l’arc dans une entreprise de la banlieue parisienne. Je commandais une chaîne. Je n’ai eu aucun problème pour m’imposer dans cet univers très masculin”. Son secret ? Apporter un très grand soin à son apparence. Donner une bonne image d’elle-même était important pour asseoir son autorité, pour s’affirmer. “J’équilibrais mon arrogance par ma féminité”. Mais pour être toujours impeccable, elle était parfois obligée de camoufler ses très longs cheveux sous des toques ou des bonnets.

Elle a appliqué cette même recette quelques années plus tard lorsqu’elle est entrée dans une agence immobilière où elle vendait des terrains à des citadins en mal de verdure pour le week-end. “Pour convaincre les cultivateurs de me vendre leurs terrains, j’arrivais toujours au volant d’une belle voiture, dans une tenue très élégante. Cette belle apparence me donnait de l’audace. Je n’avais que 18 ans ! Mais la séduction extérieure ne suffisait pas. Si j’avais du succès dans mes affaires c’était aussi parce que je respectais mes engagements. Je créais une relation de confiance en faisant preuve d’une grande cohérence. La cohérence, c’est vraiment la clef des relations humaines et des affaires !”.

Dès qu’elle peut se le permettre, Any d’Avray achète des perruques. Dans son esprit, la perruque est un élément de l’habillement, un accessoire naturel comme les bijoux, les chaussures ou les sacs. Elle permet de s’adapter à son interlocuteur, de changer de personnalité selon les circonstances.


Aller à la rencontre des femmes

En 1971, elle est interviewée par un fabricant de perruques. “J’étais très critique sur les fabrications de l’époque. Je les trouvais trop chères, trop lourdes, trop chaudes”. Elle se prête alors à des tests. Son avis permet d’améliorer certains modèles. Les cheveux sont un peu plus brillants, les résultats sont plutôt satisfaisants. “Mais un gros problème demeurait : l’aération. Impossible de se gratter le cuir chevelu !”.

C’est alors qu’elle fait la connaissance d’un importateur de perruques fabriquées à Hong Kong. Il faisait de la vente à domicile mais cela ne marchait pas bien. Any d’Avray lui propose alors d’envoyer les vendeuses dans les comités d’entreprise. “Là encore, j’ai été culottée. Il était réticent mais je lui ai dit que j’allais montrer à ses vendeuses comment faire. J’avais l’expérience des ventes du CE de l’usine où j’avais travaillé comme soudeuse, je savais comment m’y prendre”. Et, effectivement, en une seule séance, elle parvient à vendre toutes ses perruques !

Le moment clef de cette nouvelle carrière est une vente qu’elle organise dans le comité d’entreprise de Christian Dior. En femme de spectacle, elle met en scène une démonstration très brillante. Elle sait ce qui va plaire aux clientes. Elle veut leur offrir des cadeaux, des bijoux. Une nouvelle fois, elle vend toute sa collection de perruques.

Toujours innover

L’importateur change d’orientation et Any d’Avray décide de racheter son entreprise. Elle se rend à Hong Kong pour voir comment se fabriquent les produits. “Je voulais vraiment trouver une solution à ce problème de l’aération. Je reste sur place trois semaines, je fais des tests et je trouve enfin la solution : un système de bandes pour que la peau respire”. Forte de cette innovation majeure, elle crée sa propre marque, Any d’Avray. “Je trouvais que les couleurs étaient encore trop fades, ou trop voyantes. J’ai donc beaucoup travaillé la colorimétrie à Hong Kong avec les Chinois, qui sont des gens formidables, très tenaces. Cela m’a permis de me démarquer des autres fabricants”.

Dans les années qui suivent, elle s’attaque aux fibres elles-mêmes, qu’elle juge trop brillantes, trop grosses. Les cheveux synthétiques sont fabriqués au Japon selon les techniques de la pétrochimie. Il est impossible de changer les procédés, mais elle trouve un moyen de traiter la fibre une fois fabriquée pour lui donner un aspect plus naturel, plus “vrai”.

Dans un premier temps, elle loue des emplacements dans les galeries des grandes surfaces, puis elle s’implante dans les grands magasins, un peu partout en France. “Je passais ma vie sur les routes pour faire des démonstrations. Si une vedette faisait une dédicace au rayon librairie, je lui proposais de venir essayer un de mes modèles sur mon stand. Ça m’attirait davantage de clientes. Pour moi, la perruque est vraiment associée à l’idée de bien-être, de bonheur, de beauté, de spectacle, donc de vedettes”.

Parrainer, s’implanter, créer

La rencontre avec Marcel Cerdan Junior, pour qui elle crée un complément capillaire, lui donne l’occasion de découvrir le monde du sport. Elle parraine des galas de boxe avec l’espoir qu’en associant son produit à l’image “virile” de cet univers, elle va faciliter la promotion de la perruque pour homme. “Mais, très vite, je me suis rendu compte que j’étais plus connue comme organisatrice de galas de boxe que comme fabricante de perruques ! Lorsque je suis allée à Las Vegas faire un show pour mon partenaire américain au festival de la coiffure, on a mis un ring au milieu de la scène pour me faire plaisir ! J’ai dû rapidement changer ma communication…”.

Les démonstrations en province l’épuisent et elle décide de créer un magasin à Paris. Parallèlement à l’édition d’un catalogue de vente par correspondance, elle s’associe avec des salons de coiffure pour proposer ses produits en province. “La formation est très importante, confie-t-elle. A la base, les vendeurs sont des coiffeurs, mais la vente de perruques est un métier très particulier. Il faut savoir parler à des personnes qui, souvent, se sentent mal dans leur peau. Cela demande une approche globale de la personnalité, de grandes qualités d’écoute, beaucoup de finesse psychologique”.

Le succès vient vraiment au milieu des années 80 lorsqu’elle fait une démonstration au festival de la coiffure à Cannes. Elle rencontre ensuite le coiffeur Alexandre et crée pour lui une ligne de perruques. Les innovations se succèdent : implantation cheveu par cheveu, fixation instantanée, sécurisée. Les nouvelles Chevelures d’Appoint®, très légères, offrent la possibilité de nager ou de se doucher.

Dédramatiser la chute des cheveux

Sa carrière prend un nouveau tournant au début des années 90 avec la mise au point, en étroite collaboration avec le milieu médical, d’une nouvelle ligne de perruques pour aider les personnes qui ont des problèmes de cheveux à la suite de maladies, de traitements ou d’accidents. Elles sont prises en charge par la sécurité sociale. “Nous fabriquons parfois la perruque avant la perte des cheveux. Dans certains cas, nous récupérons les cheveux d’un membre de la famille ou de proches de la patiente”.

Elle organise aujourd’hui, très régulièrement, des ateliers beauté dans les hôpitaux, pour dédramatiser la chute des cheveux.

Le bien-être des femmes qui travaillent la préoccupe beaucoup. “Je veux qu’elles se sentent bien en toutes circonstances, quel que soit leur métier, et pour ça j’essaie de les débarrasser de leurs problèmes de cheveux. Grâce à mes Chevelures d’Appoint®, elles peuvent vivre librement toutes leurs activités : travailler dans la journée, voyager, sortir le soir, participer à un dîner d’affaires ou à une fête entre amis. Elles sont toujours bien coiffées, impeccables, donc efficaces !”.

Sa société compte aujourd’hui 86 centres agréés, 8 centres franchisés et emploie au siège une trentaine de personnes qui viennent d’horizons très variés. “J’aime bien engager des gens d’un autre domaine et les former à notre métier. Ils s’impliquent tout de suite. J’attache beaucoup d’importance à la formation. Sans formation, on se trouve vite bloqué devant un mur. Pour moi, la formation, c’est ce qui nous fait grandir”. [1]


Voir en ligne : http://www.anydavray.fr/



Notes

[1] Interview réalisée en 2005 pour la brochure "Privilèges 2005" de l’Institut François Bocquet.


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